La saison de l'ozone


La fin du mois de février marque le début de la “saison de l’ozone” (temporada del ozono) dans la capitale mexicaine. A l’approche du printemps, les températures se radoucissent, le soleil brille, le vent est moins fort... et les niveaux de pollution à l’ozone grimpent. Pendant cette période, les niveaux d’ozone frôlent (voire dépassent) les seuils considérés "à risque", pratiquement tous les jours de 13h à 18h. La zone sud de la ville est la plus affectée car les cimes de El Ajusco bloquent les particules portées par le vent.

L’ozone se forme à partir de centaines de réactions chimiques entre l’oxyde de nitrogène et les hydrocarbures, sous l’effet de l’énergie solaire. Il n’y a donc pas de production d’ozone pendant la nuit. Selon le ministère de l’environnement de la ville de Mexico, 70% des émissions de polluants produisant de l’ozone sont causées par les véhicules et les foyers.

Depuis une trentaine d'années, le nombre de véhicules en circulation à Mexico n'a cessé d'augmenter, pour passer d'un peu moins de deux millions (1.869.000) en 1980, à près de cinq millions et demi (5.471.000) en 2017. A ceux-ci, il faut ajouter les automobiles immatriculées dans l'Etat de Mexico (sur lequel s'étend une partie de la mégalopole) qui, pour leur part, se sont démultipliées à un rythme encore plus spectaculaire : de 318.000 à plus de sept millions sur la même période*!

Cette situation inquiète les habitants, à tel point qu'un groupe d'avocats, mené par un professeur de l'Université Autonome Métropolitaine, Bernardo Bolaños, a décidé de porter plainte contre le gouvernement de Claudia Sheinbaum. Comme le synthétise un article publié la semaine dernière dans El País, le professeur Bolaños dénonce les effets du récent relâchement des normes de contrôle de pollution des véhicules en circulation. Depuis décembre dernier, quelques 169.000 véhicules, auparavant recalés lors des contrôles bi-annuels de vérification, seraient ainsi à nouveau autorisés à parcourir la ville. Quelque soit le résultat du processus légal en cours**, qui s'annonce plus qu'aléatoire (il faudrait en effet pouvoir mesurer l'impact spécifique de ces 169.000 véhicules sur la production d'ozone, alors que celle-ci est justement un phénomène multifactoriel, comme l'explique le chargé du Programme pour la qualité de l'air de la ville de Mexico), la mobilisation dans l'arène juridique est un (bon?) signe de l'implication de la citoyenneté dans la lutte pour un environnement plus sain.


©Masiosarey, 2019

*INEGI, Vehículos de motor registrados en circulación

**Il s'agit d'un amparo, figure du droit mexicain qui permet au citoyen de se protéger contre les actions arbitraires du gouvernement


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