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Le métro de la CDMX aura bientôt 50 ans!


C'est en 1969, le 4 septembre exactement, que le président Gustavo Díaz Ordaz et le « régent du Distrito Federal »*, Alfonso Corona del Rosal, ont inauguré le Système de transport public (Sistema de Transporte Colectivo - STC) de la Ville de México, et ce jour-là, la toute première ligne du métro de la capitale.

Dès le lendemain à l’aube, le premier train souterrain rapide du pays allait desservir 16 arrêts de l’actuelle ligne 1, entre les stations Chapultepec et Zaragoza sur un parcours d'un peu plus de 12km**. Le service était opéré par des trains MP-68 construits par la société française Alstom. Et le billet coûtait alors 1,25 ancien pesos, soit moins d'un centime de pesos actuel.

Mais l’idée même d'un Système de transport public dans la capitale n'a pourtant pas toujours été de soi. Notamment, comme le raconte Diane Davis, le Jefe del Departamento del Distrito Federal Ernesto Uruchurtu (1952-1966) s’est assez efficacement opposé au Président Diaz Ordaz (1964-1970) sur ce sujet. Le gouvernement fédéral souhaitait faciliter les déplacements dans une ville qui allait atteindre les 5 millions d’habitants. Le régent rêvait de freiner l’expansion urbaine galopante de la Ville de México et ses interconnexions grandissantes avec l’état de México.

Il a donc fallu attendre la seconde moitié des années 1960 pour trouver un terrain d’entente sur une politique collective et consensée de transport urbain. La décision de lancement du SCT a été publiée dans le Journal Officiel de la Fédération du 29 avril 1967. Et, dans la lancée et parce qu’on n'arrête pas une équipe qui gagne, les travaux de la première ligne de métro ont été initiés le 19 juin de la même année.

Ces travaux pharaoniques et surtout extrêmement rapides ont sans aucun doute également bénéficié d’une conjoncture internationale –et conjugale– très favorable : l’intérêt du Général de Gaulle pour l’Amérique latine et le mariage de l’actrice mexicaine Maria Felix avec l’homme d’affaire français Alex Berger. Et c’est donc un prêt français qui a permis de financer plus de 60% des coûts de ce chantier.

Le logo du tout nouveau Sistema de Transporte Colectivo, un M arrondi et orange (alors sur fond noir) et des vignettes stylisées symbolisant chacune des stations, sont l’œuvre du célèbre designer étasunien Lance Wyman. Et ce sont des architectes mexicains de renom, tels que Enrique del Moral, Félix Candela, Salvador Ortega ou Luis Barragán, qui ont été invités à participer à la conception de plusieurs stations.

Presque 50 ans plus tard, et après plusieurs phases d’expansion (pas toujours simples), le Système de transport public de la Ville de México reste sans nul doute un exceptionnel exemple de politique de développement urbain et... durable, puisqu'à partir de 2020 (et grâce au groupe Véolia), c'est la combustion des déchets de la Ville de México qui alimentera en énergie ce métro.

©Masiosarey, 2017

* Aujourd’hui appelé "Chef du gouvernement de la Ville de México", et doté d’une autonomie beaucoup plus grande qu’en 1969.

** La ligne 1 du métro compte aujourd'hui 20 stations et couvre une distance d'environ 18km.

Pour en savoir plus : Urban Leviathan. Mexico City in the Twentieth Century, Diane E. Davis, Temple University Press, 1994. JSTOR, www.jstor.org/stable/j.ctt14btbpv.

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