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Neuf mois de campagne, neuf mois de spéculations et quelques surprises...


Le Mexique a un nouveau Président, Andrés Manuel López Obrador (AMLO), candidat de la coalition « Juntos haremos historia ». Au lendemain de ces élections générales, Masiosarey effectue un petit retour salutaire sur cette campagne et sur ses résultats. Quelques approximations, des prédictions ratées et des surprises bien sûr...

Les temps


De nombreux médias (Masiosarey inclus) avaient annoncé des résultats tardifs (et de possibles mauvais joueurs) et pourtant... Les sondages de sorties des urnes ont été suffisamment clairs pour que, peu après 20h, José Antonio Meade reconnaisse la victoire d’Andres Manuel Lopez Obrador, faisant preuve, reconnaissons-le, d’un fair play exemplaire.

L’ampleur de la victoire


Aucun doute, tout le monde coïncidait, depuis de longs mois, sur la victoire annoncée d’AMLO. De fait, cette campagne a sans doute été l’une des plus linéaire et prévisible depuis longtemps (non seulement le favori est resté favori, mais il a même consolidé son avance au fil des mois, ce qui est encore plus rare). Toutefois une partie seulement des observateurs et instituts de sondages prévoyaient que le candidat présidentiel de MORENA passerait la barre des 50%. Pour beaucoup, celui-ci mobiliserait entre 46 et 49% des votes. Surprise pour beaucoup donc : à 23h00, sur la base du Conteo Rápido, l’INE l'annonce à 53% ... un chiffre historique.

Le deuxième


Cette position, pourtant ingrate, était, depuis quelques mois, fort convoitée. Au fil de sondages plus ou moins crédibles (qui auront fait beaucoup de mal à la profession de sondeur) tantôt Ricardo Anaya, tantôt José Antonio Meade se sont targués de l’occuper. Et, suite aux scandales de corruption qui ont éclaboussé le candidat de la coalition PAN-PRD-MC, beaucoup mettaient carrément en doute la réalité de sa position de challenger. Les paris en ligne, eux, positionnaient même Ricardo Anaya loin (loin) derrière José Antonio Meade (sa cote étant tombée à 5 cents par dollar, contre 14 cents par USD pour le candidat de la coalition PRI-Verde-AN... et 92 cents pour AMLO). Résultats des courses : la coalition PAN-PRD-MC confirme donc, malgré tout, sa deuxième place à la présidentielles et, surtout, se positionne (si la coalition se maintient évidemment) comme la seconde force législative. Comme quoi les paris se trompent aussi (et pas seulement les sondages).

Le vote stratégique anti-Lopez Obrador


Grand butin brigué par les deux autres candidats concurrents, il ne se sera finalement pas matérialisé. Pour des raisons différentes, ni José Antonio Meade, ni Ricardo Anaya n’auront pu représenter des options suffisamment convaincantes pour le mobiliser et le capter. Et le pari a été définitivement perdu lorsqu’ils ont commencé à se disputer comme des chiffonniers.

« Carrito lleno » ?


Peu auront vu venir ce que les médias appellent aujourd’hui le « tsunami » moréniste. Il était de plus en plus clair que Lopez Obrador obtiendrait très probablement une majorité législative pour gouverner. Toutefois la force propre de MORENA avait été sous-estimée. Le Movimiento de Regeneración Nacional (MORENA), créé il y a quatre ans à peine, s’était finalement allié à deux autres petits partis, le Partido del Trabajo (PT) et le Partido Encuentro Social (PES, tout petit parti libéral "d'influence chrétienne") au sein de la coalition menée par Lopez Obrador, tout en menant depuis deux mois une campagne active contre le vote croisé, Et bien les deux stratégies semblent avoir fonctionné. D'une part, MORENA remporte haut la main l’essentiel de l’effet Lopez Obrador ,avec 193 députés et 55 sénateurs. Mais ses alliés s'en sortent plutôt bien Le PT, un parti qui avait été sur le point d’être balayé du panorama politique en 2012, devrait compter 61 députés et 6 sénateurs, et le PES... entre 55 et 58 députés (plus que le PRI en tout cas) et autour de 8 sénateurs! Un vrai coup de théâtre, annoncé il est vrai par Mitofsky*. Comment le nouveau président gèrera ses alliés devenus aussi importants? C'est ce que nous verrons dans un avenir proche.., Mitofsky, toujours, prédisait une chute terrible du PRD. Et effectivement, celui-ci devrait garder 21 députés et 7 sénateurs. Plus que la fin annoncée du PRI, est-ce la déroute effective du PRD qui est à signaler ?

Surprises locales ?


La principale surprise locale vient du Yucatán. Bastion historique du parti actuellement au pouvoir (PRI), l’Etat semblait devoir résister à l’alternance. Et bien, cela pourrait bien ne pas être le cas. Ce matin le PREP local donnait le PRI et le PAN au coude-à-coude (avant de se bloquer malencontreusement en milieu de journée... ah, la technologie).

Avec une campagne particulièrement violente et une attente des résultats pour le moins tendue, l’élection locale de Puebla pourrait, pour sa part, devenir la « mauvaise surprise » de ce scrutin. D’ores et déjà plusieurs voix prédisent que ce processus local fera l’objet de demandes d’annulation. A suivre.

A Jalisco, finalement, la victoire de l’ancien maire de Guadalajara, Enrique Alfaro, fait basculer, sans trop de surprise, l’état dans le giron du petit parti Movimiento Ciudadano, qui se présentait sans coalition. Ici, le coup de théâtre vient de l’OVNI Kumamoto, qui restera finalement à la porte du Sénat, avec malgré tout 21,9 % des votes. Honorable pour un candidat sans parti !

La grande inconnue : le taux de participation


A une semaine de l’élection, tous les instituts de sondages concordaient : les indécis étaient nombreux. Néanmoins, à la sortie des urnes, les autorités annonçaient une moblisation élevée. (Bonne) surprise ? Et bien non. Finalement, le taux de participation pour la présidentielle est sensiblement équivalent à ceux des deux élections antérieures. Alors que 78% des actes sont comptabilisés (avancement PREP du 2 juillet à 18h00), le taux de participation frôle les 62,7%. Nous sommes donc loin du record enregistré lors des élections de 1994, avec un taux de participation de 77%. Si l’élection est historique, ce ne sera pas pour sa participation !

Le cours du dollar


Contrairement aux prédictions les plus alarmistes, ce matin celui-ci n’avait pas véritablement bougé. Un petit peu plus élevé que vendredi, un peu plus bas qu’il y a dix jours. Rien d’exceptionnel en somme. Evidemment le dollar était, ce matin, notablement plus fort qu’il a pu l’être le 2 juillet 2012 (il valait alors un peu plus que 13 pesos). Mais, de cela, personne ne peut responsabiliser Lopez Obrador !

Les votes pour Margarita


Suite au désistement de la candidate indépendante, la question de la réimpression des bulletins avait été soulevée avec une certaine insistance par le PAN (voir notre article sur ce sujet), soucieux de ne pas voir annulés des votes qui auraient logiquement dus lui revenir. Faute de temps, les bulletins présidentiels n’ont pas été réimprimés. Mais, que le PAN se rassure, ce ne seront pas ces votes qui auront coûté la victoire à Ricardo Anaya. Lundi à 18h (78% du PREP), Margarita Zavala avait (malgré tout) mobilisé 61.484 supporters assidus (ou alors déconnectés depuis mai dernier). Les votes nuls, pour leur part, se chiffraient à 1,2 millions de bulletins. Dans l’absolu, encore une fois, c’est beaucoup, mais cela ne représente que 2.7% des votes exprimés. Un taux très similaire à celui enregistré lors des présidentielles de 2012.

Les votes des mexicains à l’étranger


Très publicités, ils ne représenteraient néanmoins que 98.470 voix pour la présidentielle. Presqu'autant que les fans de Margarita en somme...

Ce qui est sûr


Le nouveau président de la République et son équipe toute fraîche prendront leur fonction le premier décembre 2018, conformément à ce que stipule la Constitution mexicaine. A partir d’aujourd’hui, l’équipe de transition de AMLO va gentiment prendre ses marques et commencer à interagir avec l’administration en cours qui, elle, conclura son mandat le 30 novembre. Le grand chambardement sexennal est sur le point de commencer !

©Masiosarey, 2018

* Dans le cadre de l'avant-dernière session du Séminaire publique sur les élections de 2018, du 27 juin 2018. El Colegio de México,


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