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  • Masiosarey

5 février 1917


Vous pensiez peut être que nous allions vous parler de la date de la promulgation de la Constitution politique mexicaine?... Et bien non!

Car cette date est aussi celle de la naissance, en 1862, du pianiste et compositeur mexicain Felipe Villanueva. Malgré sa mort précoce, à 31 ans en 1893, celui-ci a laissé une oeuvre riche et éclectique, allant des danses à l'opéra, en passant par des valses et des mazurkas. Cet anniversaire nous offre donc l'occasion de revenir sur la musique mexicaine au temps du Porfiriat.

Au Mexique, la première moitié du XIXème siècle avait été peu favorable à la musique et à la professionnalisation des musiciens. Conséquence directe de cette situation, les "amateurs" dominaient le secteur, explique Edelmira Rámirez, professeur à la UAM. Toutefois, le goût pour la musique parmi les mexicains impressionnait les observateurs étrangers (M. González Navarro, cité par Edelmira Rámirez). Et l'instrument favori des familles de la bourgeoisie émergente était déjà, sans surprise, le piano, à l'instar de ce qui se passait alors en Europe.

L'arrivée au pouvoir de Porfirio Díaz (président un mois en 1876, puis de 1877 à 1880 pour enfin occuper le poste de 1884 à 1911) transforme radicalement le panorama. Fervent admirateur et promoteur au Mexique de la culture française (envers et contre tous et même si en musique l'influence italienne restait alors très prégnante), Porfirio Díaz a notablement contribué au développement de la musique classique nationale (mais pas que... c'est également à cette époque que le pays s'est ouvert à l'influence musicale cubaine Habanera), à la formation des musiciens, au développement des salles de concert, de bals et de formes de sociabilités liées à la musique. Felipe Villanueva sera d'ailleurs professeur de piano dans le Collège où étudiait la fille de Porfirio Díaz. Considéré aussi comme l'introducteur de Chopin, il participa à la création d'un Institut Musical en compagnie d'autres grands compositeurs mexicains comme Ricardo Castro, G. E. Campa et Juan Hernandez, puis de la Société Anonyme des Concerts*.

Révolution mexicaine oblige, le regard porté depuis sur cette période musicale n'est pas dénué de préjugés. L'historiographie musicale a longtemps conclu que la musique mexicaine était de facto née avec la révolution. La génération de Felipe Villanueva (Melesio Morales, Tomás León, Julio ltuarte, Ernesto Elorduy, Gustavo Campa y Ricardo Castro) est, pour sa part, taxée d'avoir eu comme majeure préoccupation celle de rendre "plus françaises" les compositions musicales italiennes (Eduardo Blackaller). Influencés par le romantisme musical, ces compositeurs sont considérés comme de pâles imitateurs des modes européennes par le grand musicologue Otto Mayer-Serra (M-L Vázquez Montano).

Ces musiciens sont néanmoins, selon Eduardo Blackaller, les précurseurs du "nationalisme" musical mexicain en introduisant déjà des harmonies musicales populaires. Pour le plaisir des oreilles, voici donc un mouvement des Danses humoristiques de Felipe Villanueva, Oh là là! interprété par le pianiste mexicain (bien que d'origine uruguayenne) Edison Quintana...

*F. Moncada García, Pequeñas biografía de grandes músicos mexicanos, 1966.

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