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Le feuilleton de l’été tient en trois lettres : BID


Le feuilleton de l’été 2020 n'est ni le Covid, ni le T-mec. Il tient en trois lettres: BID. Trahisons, retournements de situation, suspens et, en toile de fond, une élection présidentielle ; les éléments sont réunis pour en faire un succès sans garantir pour autant que le final ne sera pas un bide.


Les médias francophones l’ayant peu couvert jusqu’ici, vous vous demandez sans doute de quel feuilleton parle-t-on... Il s’agit du prochain renouvellement de la présidence de la Banque Inter-américaine de Développement (BID), assumée depuis 2005 par le Colombien Luis Alberto Moreno. Un feuilleton estival cinq étoiles.

Pour rappel, la BID est l'une des sept banques de développement régionales actuellement en activité dans le monde. Elle compte aujourd’hui 48 pays membres et son capital est estimé à 100 milliards de USD. Les 26 pays “membres prestataires” d’Amérique latine et des Caraïbes (LAC) détiennent, ensemble, un peu plus de 50% du capital. Les États-Unis en possède 30% (ce qui fait de ce pays le premier actionnaire de la BID) et le Canada 4%. Les 16% restants se divisent entre une vingtaine de pays tiers (dont 14 pays européens). Depuis 1959, la BID a eu quatre présidents, tous Latino-américains, tous élus avec le consentement étasunien : le Chilien Felipe Herrera, le Mexicain Antonio Ortiz, l’Urugayen Enrique Iglesias et Luis Alberto Moreno, qui aura enchaîné trois mandats consécutifs.

Il était donc temps, cette année, de renouveler la tête de cet organisme financier. Et tout semblait suivre la partition consacrée. Les négociations entre pays était lancées depuis plusieurs mois et le 27 juillet devait s’ouvrir, à peu près normalement pensait-on, la période de dépôts des candidatures. Celle-ci devait durer 45 jours, amenant quasiment jusqu’à l’élection du nouveau président, à la majorité absolue, lors d’une assemblée extraordinaire prévue à Barranquilla, en Colombie, le 12 septembre 2020.

La liste complète des candidats n’était pas encore officiellement arrêtée, mais trois pays avaient d’ores et déjà manifesté leurs ambitions. Le Brésil, estimant que son heure était venue, poussait le financier Rodrigo Guedes Xavier. La candidate du Costa Rica, l’ancienne présidente Laura Chinchilla, faisait figure de favorite. Et l’Argentine promouvait activement Gustavo Beliz, actuel secrétaire des affaires stratégiques dans le cabinet du président Alberto Fernández, qui avait d’ailleurs reçu le soutien du Mexique (qui, pour sa part, avait renoncé à présenter un candidat propre, ou plutôt une candidate : l’actuelle ministre de l’économie, un temps pressentie). Bref, jusque-là rien que de très normal dans le monde de la diplomatie internationale.


Retournement de situation


Mais voilà qu’à la mi-juin le gouvernement de Donald Trump lance un gros pavé dans la marre, en décidant de postuler un candidat étasunien à la présidence de la BID : Mauricio Claver-Carone, un ressortissant américain d’origine cubaine. Très sûr de lui celui-ci explique alors à l’agence EFE compter, déjà, sur le soutien d’une dizaine de gouvernements latino-américains, dont la Colombie, l'Équateur, le Paraguay, l’Uruguay et même le Brésil.


Immédiatement, Les Échos (et Reuters) évoquent le “véritable tremblement de terre” qui secoue le siège de la BID à Washington et dressent un portait concis, mais révélateur de cet ancien conseiller du Trésor qui “s'est taillé une réputation de faucon au long de sa carrière” en dirigeant notamment le Comité d'action politique Etats-Unis/Cuba pour la démocratie. Sa cible actuelle, précise le quotidien français (pour ceux qui n’auraient pas encore saisi le profil), est le régime chaviste de Nicolás Maduro au Venezuela.

Apparemment tout aussi secoués que la plupart des observateurs, Les Echos posent surtout des questions, beaucoup de questions. L’´Étasunien “Mauricio Claver-Carone sera-t-il le candidat idéal pour présider l'institution multilatérale, qui a accordé des prêts de 10,6 milliards de dollars dans la région [LAC] l'an dernier ?” Et comment les pays de la zone vont-ils réagir? se demande le quotidien français. "En temps normal, on pourrait s'attendre à une vive réaction de tous les autres pays latino-américains contre l'initiative de Donald Trump, estime Rubens Ricupero”, l'ancien secrétaire général de la Cnuced interrogé par Les Echos et Reuters. “Mais aujourd'hui, avec le style truculent de Trump et la faiblesse des autres, on ne peut pas vraiment savoir ce qui va se passer "...

Fin juin, toutefois, la résistance s’organise, autour d’un groupe d’anciens présidents de la région (le Brésilien Fernando Henrique Cardoso, le Chilien Ricardo Lagos, le Colombien Juan Manuel Santos, le Mexicain Ernesto Zedillo et l’Urugayen Julio María Sanguinetti) qui publient une lettre ouverte, amplement relayée par les médias de la région (El Financiero, La Politica Online, La Nación, El Pais de Costa Rica, Radio Uruguay, etc.), pour défendre le principe d’une présidence latino-américaine pour la BID. L'enjeu, soulignent-ils, est de préserver l’équilibre géopolitique tacite au sein des grandes institutions financières internationales (en d’autres mots : la Banque Mondiale aux États-Unis, le Fond Monétaire International à l’Union Européenne et... les banques régionales aux régions).

Trahison...

En effet, la candidature étasunienne peut être perçue comme une trahison à l'esprit et à l'équilibre géopolitique tacite qui prévaut depuis Eisenhower. Au tout début du mois de juillet, le quotidien haïtien Le Nouvelliste, fort préoccupé*, donne la parole à l’Argentin Eugenio Diaz-Bonilla, qui fut pendant près de 10 ans administrateur de la BID. L’ancien haut fonctionnaire argentin s'interroge sur ce “mouvement [étasunien] tout à fait contraire à l’histoire de la BID” et rappelle que, depuis la création de l’organisme, “l’accord politique tacite voulait que le président de la BID soit un ressortissant de LAC [Latin America and Caribe] et le vice-président exécutif un ressortissant des Etats-Unis”. Cet équilibre des pouvoirs avait été entériné par Dwight Eisenhower lui même, en 1958 devant les Nations Unies : le succès de ces institutions régionales, disait-il alors en substance, est directement lié au degré d’implication des pays membres, qui doivent “être prêts à les appuyer avec leurs ressources propres”. Si les Etats-Unis ont toujours joué un rôle déterminant à la BID, le “Pacte historique entre l’Administration Eisenhower et la région LAC” avait été respecté par tous les gouvernements qui ont suivis, qu’ils soient démocrates ou républicains. Et l’“arrangement a très bien fonctionné au cours des 60 dernières années” souligne Diaz-Bonilla. Dès lors, pourquoi vouloir le bousculer ? Car l’OPA étasunienne sur la gouvernance de la BID est risquée. “Une banque perçue comme dominée par son puissant actionnaire n’aura pas la même acceptation ni la même légitimité dans la région” souligne Díaz-Bonilla. “De plus, la notation AAA de la BID dérive, entre autres, de ce que les agences estiment que l’institution bénéficie d’un soutien très fort des pays membres de LAC, à la fois les principaux débiteurs et les principaux actionnaires de la Banque”. Bref, conclue-t-il : “Tout ce qui affaiblit ce soutien affaiblit également la situation financière de la BID”.


Le multilatéralisme à la "sauce trump"


Mais la BID est un peu plus qu’une banque de développement. C’est aussi aussi un instrument de multilatéralisme. Comme l’avaient noté Les Echos mi-juin, "la volonté [récente] du président d'exercer le leadership des Etats-Unis au sein des importantes institutions régionales" semble à première vue à contre-courant du "mépris affiché par Trump envers le multilatéralisme". Mais tout est souvent plus compliqué qu'il n'y paraît en politique internationale. Une semaine plus tard, Le Point propose justement un éclairage complémentaire, à partir du cas de la BAD, la sœur africaine de la BID. “Les États-Unis planifient le contrôle de la Banque africaine de développement” titre l’hebdomadaire, avant de publier un long décryptage des négociations en cours. “Après avoir ouvertement négligé le continent au début du mandat de Donald Trump, l'administration américaine met les bouchées doubles pour y bloquer l'expansion chinoise et reconquérir les parts de marché abandonnées”. Les banques régionales seraient-elles donc les nouveaux bras de l’offensive étasunienne dans le cadre de la guerre d’influence qu’elle livre à la Chine?

Pour vous en convaincre totalement, vous pouvez jeter un œil à l’entretien que donnait, en janvier dernier à l’agence espagnole EFE, le désormais incontournable Mauricio Claver-Carone, alors principal conseiller de Trump pour l’Amérique latine et directeur pour cette région au Conseil de Sécurité National des États-Unis. “L’Équateur, la Bolivie et le Pérou ont entretenu des relations 'anti-naturelles' avec la Chine, et il serait bon que ces pays renforcent leurs relations commerciales avec les Etats-Unis”, expliquait-il alors très sérieusement, “parce qu’en fin de compte, ce que l’on voit de Chine sont les pires habitudes du passé. Dépendance, dette, corruption, voilà ce qu’a amené [la Chine] à l’hémisphère occidental ; des choses du XXème siècle, qui fut un siècle perdu pour l’Amérique latine”... plus frontal, impossible. Et il est clair qu’avec cette vision des relations internationales, la BID représente une poule aux œufs d’or pour tenter de rivaliser avec les flux de capitaux chinois dans la région et, en passant, pour y imposer l’agenda conservateur “trumpiste”.

Et l’offensive étasunienne paye. Fin juillet, la candidature de Mauricio Claver-Carone a recueilli le soutien d’une majorité de pays latino-américain et s’est quasiment imposée dans l’esprit de tous (une hallucinante page wikipedia en français, dédiée a la BID, annonce d’ailleurs Claver-Carone comme le président en poste de l’organisme). L’Argentine et le Costa Rica maintiennent les leurs pour le principe, mais sans plus y croire.

Nouveau coup de théâtre

Le 30 août, pourtant, nouveau coup de théâtre. L’Union Européenne, via son Haut représentant pour les affaires étrangères et la politique de sécurité (également vice-président de la Commission européenne), l’espagnol Josep Borrell, entre à son tour dans le jeu pour ouvrir une troisième voie : repousser les élections au premier trimestre 2021, une fois la pandémie à peu près sous contrôle en Amérique latine (et une fois passées les élections présidentielles étasuniennes, même si ce n’est pas dit pas comme ça évidemment). Comme l’explique très clairement El Pais, l’UE n’a qu’un pouvoir de recommandation (les 14 pays membres de la BID ne cumulent que 9,38% des votes), mais compte bien l’utiliser. Borrell propose d’ailleurs une ligne de route assez précise : attendre la prochaine réunion des gouverneurs de la BID, prévue en mars 2021, en laissant d’ici-là le vice-président aux manettes, comme le prévoient les textes de l’organisme.


Suspens et coming out mexicain

Pas de doute, la stratégie est fine. Mais pour que cette contre-offensive ait une chance, elle doit pouvoir compter avec les soutiens de plusieurs “grands pays actionnaires" européens (Allemagne, France, Espagne et Italie) et des deux “grands” pays de la région non encore alignés avec les Etats-Unis. L’Argentine donc (avec ses 11.3%) et... le Mexique (7.32%), le seul pouvant encore faire la différence (le Costa Rica avec toute sa bonne volonté ne représente que 0.45% du capital de la BID).

Toutefois, le Mexique tarde un peu à confirmer sa position. Il avait effectivement annoncé, début 2020, soutenir la candidature de l’argentin Gustavo Béliz. Un soutien, explique La Politica Online, qui s'inscrit dans le cadre d'une alliance entre les gouvernements des deux pays qui s’est confirmée au fil des dernières crises régionales et qui est mobilisée autour de l'actuelle candidature du Mexicain Seade à l’OMC. Entre l'Argentine et le Mexique, on ne peut pas véritablement parler d'un “axe progressiste, résume La Politica Online, mais plutôt d'un axe de contention à la politique internationale de Donald Trump".

Mais la récente visite du président Andrés Manuel López Obrador aux États-Unis, et le rapprochement entre les deux pays, ont laissé planer le doute parmi ses alliés latino-américains. D’autant que dans le contexte actuel de crise économique, la dépendance du Mexique vis-à-vis de son grand voisin du Nord s’est encore accrue. Cependant, comme le précise Bloomberg, le profil du candidat proposé par les États-Unis, ouvertement anti-castriste et anti-chaviste, représente un vrai obstacle pour obtenir un soutien mexicain ; le président Andrés Manuel López Obrador ayant toujours refusé de condamner le président vénézuélien Nicolas Maduro et de reconnaître le leader de l’opposition Juan Guaido.

En guest star assumée (mais peut être aussi embarrassée), le Mexique se donnera donc une semaine pour réagir. Comme le précise Marseille News, il faut attendre le 6 août pour que le gouvernement confirme, via le compte Twitter du ministère des Finances, qu’il rejoint bien le camp des partisans d’un report de l’élection. Ce, après que le Chili se soit prononcé la veille dans le même sens. Mais contrairement au Chili, qui en profite pour souligner l’importance d’une présidence latino-américaine, le Mexique préfère insister sur le fait que la pandémie de coronavirus "a empêché les gouverneurs [les représentants des pays membres, ndlr.] d’avoir la possibilité de discuter de la présidence de la BID”. Prudent, il met en avant le Chili et le Haut représentant de l’Union européenne Josep Borrell, qui ont touts deux “évoqué la pertinence de reporter la date de l’élection du président, jusqu’à ce que les gouverneurs puissent se revoir en personne” .

Aussi prudente soit-elle, la décision mexicaine fait évidemment le tour des rédactions latino-américaines... et espagnoles. Et c’est avec une satisfaction évidente que El País relaie la prestation d’acrobatie diplomatique du ministre mexicain des finances : Je ne sait pas pourquoi notre décision devrait pénaliser la candidature des États-Unis" déclare-t-il, "nous avons juste demandé plus de temps, pour pondérer la décision. Cela ne devrait pas avoir de répercussion. Le président Trump a lui même, à un moment, suggéré de repousser les élections présidentielles aux États-Unis, nous ne sommes pas les premiers à exprimer ce type d’option”.


Et, tel un bookmaker diplomatique, El País enchaîne sur le nouveau calcul des forces en présence. L’Argentine, le Chili, le Mexique et le Costa Rica représentent ensemble 22.23% des votes, constate le quotidien espagnol. De son côté, Borrell a recueilli un accord de principe des pays européens, mais encore peu d’engagements fermes. Toutefois, dans le contexte actuel, il aurait juste besoin d’assurer les soutiens de l’Espagne (1,96%), de l’Allemagne (1,89%) et de la France (1,89%) pour dépasser la barre des 25%. A cela s’ajoutent plusieurs autres “petits” pays tiers, qui ne se sont pas encore prononcés et qui peuvent encore venir renforcer le "camp du report". Le Canada, quant à lui, est pour le moment on ne peut plus discret sur la question, mais dispose de 4% des votes. Quant à Joe Biden, le candidat démocrate à la présidentielle étasunienne n’a pas manqué de se prononcer en faveur d’un report de l’élection et d’une présidence latino-américaine...

Cliffhanger...

Le gouvernement des États-Unis a évidemment disqualifié, quoique de façon non officielle, la troisième voie européenne ; dénonçant dans la foulée tout effort “de la part d’une minorité de pays”, qui plus est de “pays non régionaux”, de “séquestrer le processus électoral” de l’organisme. Selon les États-Unis, la décision de fixer les élections au 12 septembre avait été dûment entérinée le 9 juillet et rien, depuis, ne justifiait de revoir le calendrier. Par ailleurs, soulignent-ils, tout éventuel report doit être préalablement approuvé par une majorité de membres. Comme le précise le journal La Estrella de Panama, le secrétaire général de l’OEA, Luis Almagro, n’a pas hésité à prendre parti, en critiquant l’ingérence européenne dans les affaires internes de la région. Toutefois la marge de manœuvre étasunienne s’est tout à coup substantiellement réduite. Quelle sera donc le prochain coup de l'administration Trump ? L'expectative est générale.

Mais, comme le rappelle l’édition mexicaine du média argentin La Politica online, les Etats-Unis n’ont jamais eu besoin de la présidence de la BID pour assurer leur prééminence au sein de l’organisme ; notamment parce qu’ils se réservent la vice-présidence exécutive. En janvier 2019, celle-ci avait été donnée à l’américain Brian O'Neill. Mais son décès prématuré en décembre dernier avait réouvert le jeu. Donald Trump avait espéré imposer un proche collaborateur et le nom de Mauricio Claver-Carone avait alors circulé. Mais, rapporte toujours La Politica Online, le président Luis Alberto Moreno n’aurait pas fait cas de ces appels du pied et aurait décidé de nommer à ce poste John Scott, un autre américain, beaucoup plus neutre et en poste à la BID depuis 1985. Tout ceci sans l’aval de Trump bien évidemment, qui a la réputation d’être rancunier. Beaucoup pensent donc que cette rebuffade initiale pourrait bien expliquer le coup de force de juin dernier.


Le feuilleton est loin d'être conclu et tout est encore possible. L’histoire pourrait tout aussi bien se terminer par une nouvelle provocation, ou par une renégociation en coulisse et par la nomination de l'omniprésent Mauricio Claver-Carone à un autre poste clef de l’organisme.


Bref, ne manquez pas le prochain épisode.


© Masiosarey, 2020


#BID #Multilatéralisme #Banquesrégionales #Finances



* Du côté des médias francophones, le quotidien haïtien Le Nouvelliste a été le seul à relayer la position des anciens présidents latino-américains, alors même que l'actuel président haïtien soutient le candidat étasunien. Haïti, rappelle le quotidien, est particulièrement impliqué dans l’histoire de la BID : troisième membre fondateur à ratifier l'acte constitutif de cet organisme, Haïti lui a également donné plusieurs administrateurs de renoms dont le mathématicien Lucien Hibbert, qui sera nommé 1er administrateur de la circonscription formée à l’époque par le Mexique, Haïti et le Panama. Le Nouvelliste oublie de préciser que l’Haïti de 1959 avait élu deux ans plus tôt François Duvalier, “PapaDoc”, alors tout occupé à devenir un dictateur accompli. Duvalier restera au pouvoir jusqu’en 1970, date à laquelle son fils prendra sa relève. La carrière et les mérites de Lucien Hibbert dépassent cependant largement cette dernière époque de sa vie. Nommé chevalier de légion d’honneur et élu a l’unanimité membre de la Société Mathématiques de France en 1937, avant même la soutenance de sa thèse de doctorat, Lucien Hibbert fut recteur de l'Université d'Haïti après la seconde guerre mondiale.

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