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Les médias sont légèrement monomaniaques... Semaine du 18 au 24 juin 2018


Ce n’est pas une surprise, les médias sont légèrement monomaniaques. Après des mois à ne traiter que de la violence et des rebondissements de la relation mexicano-étasunienne, les voilà qui ne s’intéressent plus qu’au football mexicain (au moins 58 articles publiés sur ce sujet en l’espace d’une semaine, un record). Et pourtant, l’actualité nationale reste toujours aussi problématique à quelques jours des élections générales les plus importantes de l’histoire du pays. Masiosarey a donc choisi de ne relever cette semaine que ce qui n’a PAS trait au foot, aux nouveaux-nés de stars qui portent (déjà) le maillot tricolore et aux prédictions de « grands sorciers » sportifs et malins... Une gageure.

Après le foot, c'est le drame de la migration qui aura mobilisé les médias francophones, Alors que les images (et les fausses images) de la dernière provocation de l’administration de Donald Trump auront fait la Une dans le monde entier et, évidemment, celle des médias francophones, Europe1 (20/06/2018) parie sur les chiffres pour appéhender la réalité de cette frontière de 3.200 kilomètres, effectivement fermée –à ce jour– sur 655 kilomètres. Les mexicains, nous apprend le média francais, ne représenteraient que 17,4% des migrants légaux qui se sont installés aux Etats-Unis en 2016. Evidemment, 60% des immigrés illégaux recensés en 2014 étaient effectivement originaires du Mexique. Toutefois cette tendance serait en baisse. En 2017, les arrestations à la frontière auraient en effet diminué de 44%.

La Croix (24/06/2018), pour sa part, opte pour s’intéresser à l’envers du miroir et pour revenir, interviews à l’appui, sur le traitement infligé aux migrants centraméricains sur le territoire mexicain. Et le bilan n’est pas reluisant. « La vérité est que nous traitons très mal les migrants » résume Vidal Romero, Professeur à l’ITAM.

France TV Info (20/06/2018) enfin diffuse le reportage réalisé par une équipe de France 2, à bord de la "bestia", ce train de marchandises qui traverse une bonne partie du territoire mexicain et qui permet à des centaines de migrants d'approcher la frontière américaine dans des conditions extrêmement dangereuses.

Les élections, sous tous les angles (ou presque

Loin derrière le ballon rond et le drame des migrants, arrivent les élections. Des élections imminentes qui se préparent, au niveau local, dans un climat de violence inédit. Le Point (19/06/2018) et AfricaNews (20/06/2018) relaient un article AFP assez complet sur les menaces qui pèsent sur les candidats : des 49 demandes de gardes du corps transmises au niveau fédéral pendant la campagne, dont seules 12 ont été accordées (32 sont encore en attente), aux initiatives d’autodéfense, à l’image de celles prises par la candidate de Morena pour le Sénat de Guerrero, Nestora Salgado, ancienne commandante d'une "police communautaire", jusqu'aux renoncements... 496 candidats de l'Etat de Guerrero auraient jeté l’éponge... TV5 Monde (24/06/2018), pour sa part, s’astreint au triste bilan des victimes recensées depuis le début de la campagne : 120 candidats et représentants politiques abattus, mais aussi les journalistes assassinés (7 pour la seule année 2018), les centaines d’autres meurtres imputés aux gangs et, complète La Croix (25/06/2018), les 26 hommes d’Église assassinés dans le pays depuis 2012.

Le Parisien et Ouest France (24/06/2018) misent sur le local et reviennent sur l’assassinat jeudi du candidat à la mairie de la petite ville d’Ocampo dans le Michoacán, et sur l’arrestation quelques jours plus tard de tous les agents de police de la localité pour enquête interne. Les deux quotidiens rappellent également que, toujours dans le Michoacán et en l’espace d’une dizaine de jours à peine, deux autres candidats (pour les mairies d’Aguililla et de Taretan) ont été abattus.

De son côté, RFI se focalise sur les pratiques clientélistes. Celles des églises catholiques et réformées (24/06/2018), mais aussi, et surtout, celles des partis politiques. Dans la capitale, nous explique la radio, celles-ci vont de 200 pesos et un sac de nourriture à 2.500 pesos en cartes bonus (24/06/2018). Et le média international français d'évoquer (sans la citer) la récente étudeDinero Bajo la Mesa: financiamiento y gasto ilegal de campañas políticas en México”, lancée par l’organisation Mexicanos Contra la Corrupción y la Impunidad (MCCI), qui estime que les dépenses réelles de campagne des partis seraient jusqu'à 15 fois plus élevées que le montant déclaré.

Et, effectivement, Libération (19/06/2018) nous apprend qu’au Chiapas les achats de vote peuvent monter jusqu’à 5.000 pesos par tête. Le correspondant du quotidien, qui s’est rendu dans la localité Guadalupe Mazanil située dans les Montagnes du nord, raconte comment, déçues des jeux des partis politiques, certaines communautés souhaitent aujourd’hui abandonner les partis et sortir du système électoral national pour désigner leurs autorités via leurs propres us et coutumes.

Slate (23/06/2018) reprend pour sa part une actu plus toute fraîche (cette affaire date du début mai), mais évidemment épatante pour tout journaliste (ou scénariste) : le cas de ces 19 hommes qui, dans l’Etat de Oaxaca, s’étaient fait passer pour des transgenres, pour pouvoir prétendre aux candidatures réservées par quota aux femmes et au respect de la parité. Pour ceux qui n’auraient pas suivi, 15 d’entre eux ont été disqualifiés.

Et, comme quoi la beauté ne fait pas tout (et toujours dans la rubrique « non scoop »), La Nouvelle République (22/06/2018) choisit également de revenir sur les six années de mandat du président sortant, Enrique Peña Nieto : du "Mexican moment" enthousiaste des débuts, à l’accumulation de scandales de corruption qui ont fini par ternir l’image du « beau président » (sic) mexicain.

Finalement, Médiapart (23/06/2018) s’intéresse, lui, au favori de cette présidentielle, Andrés Manuel López Obrador, candidat pour la troisième fois et, apparemment, bien décidé à changer la façon de gouverner le pays.

Réservant sans doute leurs cartouches pour cette semaine immédiatement pré-électorale, plusieurs autres quotidiens francophones ont opté pour traiter l’actualité politique par la bande, ou plus spécifiquement à partir de la double problématique de la violence et de la corruption.

Ainsi Le Monde (22/06/2018) revient-il sur le drame des familles des plus de 34 000 Mexicains officiellement portés disparus à travers le pays, à l’occasion d’un reportage dans le Veracruz aux côtés du collectif régional de mères El Solecito ; ces femmes qui explorent sans relache les zones rurales de ce état – gouverné jusqu’en 2016 par le PRI– à la recherche des corps de leurs enfants disparus.

La Libre (18/06/2018) relaie les accusations des familles des 19 enfants et sept adultes tués dans l'effondrement d'une école de la Ville de México suite au séisme de septembre dernier. Et la principale personne visée, nous explique le quotidien belge, est Claudia Sheinbaum, candidate à la mairie de la capitale pour MORENA. En effet, au moment du séisme, Mme Sheinbaum administrait la Délégation de Tlalpan, qui aurait autorisé la construction d'un appartement privé au-dessus du dernier étage du bâtiment (construction qui aurait fragilisé l'ensemble de la structure).

Et les bonnes nouvelles...

Pour conclure cette revue de presse pré-électorale deux bonnes nouvelles (toujours pas sportives).

La première est, surtout, un pied de nez à la politique de préférence nationale défendue par Donald Trump, puisque Le Figaro et Les Echos (22/06/2018) nous annoncent que le constructeur automobile américain General Motors (GM) a confirmé vendredi qu'il allait produire un nouveau SUV (4X4 urbain) au Mexique.

La seconde, encore plus réjouissante, nous vient du site Maxisciences (23/06/2018), qui nous apprend que la population de jaguars mexicains a progressé de 20% entre 2010 et 2018, grâce aux mesures de protection de ce félin considérée comme une espèce "quasi-menacée" par l'Union internationale pour la conservation de la nature (UICN). On dénombrait aujourd’hui 4.800 jaguars dans le pays contre 4.000 en 2010. L’objectif, explique un responsable du programme, est d’atteindre une population de 7.000 à 8.000 individus d’ici trois à quatre ans pour retirer le jaguar de la liste des animaux sauvages menacés d’extinction.

Comme quoi les choses peuvent, aussi, aller dans le bon sens.

Bonne semaine pré-électorale!

@Masiosarey, 2018


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