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Semaine du 27 novembre au 3 décembre 2017


Masiosarey le notait cette semaine : la course à la présidentielle mexicaine a démarré ! (pour ceux qui ne l’auraient pas encore noté dans leurs agendas, cette élection aura lieu le 1er juillet prochain). Le Figaro (27/11/2017) et Les Echos (27/11/2017) couvraient donc eux aussi, en début de semaine, la démission du ministre des finances du Mexique, José Antonio Meade, qui part briguer la candidature à la présidentielle pour le Parti révolutionnaire institutionnel. Comme le note Les Echos, José Antonio Meade, homme politique sans étiquette, a bénéficié d'une réforme statutaire de ce parti, actuellement au pouvoir, pour pouvoir tenter sa chance sous ses couleurs. Ce qui fait évidemment grincer des dents. En attendant l’issue de cette première ronde de pré-candidatures, sachez que c’est le directeur de l'entreprise publique pétrolière Pemex, José Gonzalez Anaya, qui reprend pour les 7 prochains mois le portefeuille au ministère des finances.

ECONOMIE

Autre changement à la tête de l'Etat mexicain cette semaine, Zone Bourse (27/11/2017) annonce qu’à partir du 1er décembre, Alejandro Diaz de Leon, numéro deux de la Banque centrale du Mexique (Banxico), remplacera Agustin Carstens aux fonctions de gouverneur de cette institution. Agustin Carstens ne postule pas pour la candidature du PRI, mais part –finalement (l’annonce de son imminent départ avait été faite il y a plusieurs mois déjà)– diriger la Banque des règlements internationaux (BRI) basée à Bâle en Suisse.

Et, comme le remarque Le Figaro (30/11/2017), cette succession plus qu’anticipée, n’aura donc pas dissuadé le comité de direction du FMI de renouveler, jeudi, le crédit de précaution de 88 milliards de dollars accordé au Mexique. A ce jour, explique le quotidien français, trois pays ont sollicité et obtenu ces crédit "modulables" du FMI : la Colombie, le Mexique et la Pologne. Mais aucun d'entre eux ne l'a encore utilisé. Cette garantie octroyée par le FMI vise surtout à renforcer la confiance des marchés en période de risques accrus. Car, comme le commente la directrice du FMI, Christine Lagarde, toujours citée par le Figaro : "L'économie mexicaine navigue avec succès dans un environnement extérieur complexe"... On ne pouvait mieux le dire.

En effet, et comme le rappelle opportunément cette semaine Libération (28/11/2017), l’offensive trumpienne se poursuit, à grand renfort de coup de com (à défaut de budgets concrets). Le correspondant du quotidien français s’est ainsi rendu sur la frontière à quelques kilomètres de San Diego, pour voir de ses yeux les huit prototypes de mur en lice pour l'obtention du contrat fédéral promis par Donald Trump, tous hauts de dix mètres et répondant au cahier des charges de l’administration étasunienne. Les prototypes, « des monuments à la haine et à l’ignorance » selon certains, feront l’objet de tests de résistance dans les prochaines semaines nous annonce Libération.

Retour à l'économie nationale : Le Figaro (30/11/2017), qui cette semaine s’est décidément beaucoup intéressé à l’actualité mexicaine, rapporte également qu’à partir du 30 novembre, le gouvernement mexicain cessera complètement de réguler les prix des carburants. En effet, depuis l’ouverture du secteur énergétique aux capitaux privés en janvier dernier, le ministère des Finances fixait malgré tout, et quotidiennement, les prix maximum de l'essence et du diesel. Après une libéralisation progressive des prix dans le nord du pays (sans qu’aucune flambée des prix ne soit observée, nous dit-on), l’Etat poursuit donc son désengagement. Au Mexique, nous rappelle Le Figaro, 78% des stations-service continuent d'être exploitées par Pemex.

Côté investissements étrangers, deux bonnes nouvelles. Tout d’abord, nous apprend La Presse (1/12/2017), le groupe québécois Bombardier Produits Récréatifs (BRP, une division du groupe Bombardier devenue indépendante en 2004) compte doubler la capacité de production de son usine de Ciudad Juarez d'ici 2020, qui sera donc en mesure de pouvoir embaucher 1000 employés supplémentaires d’ici deux ans. Actuellement BRP, qui produit des motoneiges, des motomarines et des véhicules tout-terrain, emploie quelques 3.600 salariés dans ses trois usines mexicaines.

Hidalgo est également à la fête. Cette fois-ci c’est le Grupo Modelo, désormais filiale du géant Anheuser-Busch InBev, qui devrait investir plus de 750 millions de dollars (633 millions d'euros) dans une nouvelle usine à Apan. Le lancement des opérations, nous apprend le site belge Trends (27/11/2017), est programmé pour le premier trimestre 2019.

SOCIÉTÉ

Après les nouvelles d’une économie qui résiste malgré tout aux tempêtes, celles d’une société assiégée par la violence. Avec, pour commencer, deux documentaires mis en avant cette semaine par les médias francophones.

Mardi, Le Monde (28/11/2017) invitait ses lecteurs à regarder le documentaire Mexique, justice pour les disparus (Fr., 2017, 52 min.) diffusé sur Arte. Le journaliste Patrick Remacle et le réalisateur André Chandelle y racontent le long et difficile combat de militants des droits de l’homme contre la violence et l’impunité au Mexique à travers l’histoire d’une plainte pour crimes contre l’humanité déposée devant la Cour pénale internationale (CPI) en juillet 2017. De l’Etat de Coahuila à La Haye (Pays-Bas), ce documentaire suit ainsi la course d’obstacles rencontrée par les avocats mexicains, l’horreur des disparitions massives (300 personnes à San Miguel Allende, 150 dans la prison de Piedras Negras...) et l’inertie des instances internationales...

Vendredi, c’est le magazine Cheek (1/12/2017) qui relayait la vidéo publiée par Meufs, la toute récente déclinaison féministe du site BuzzFeed, invitant à ne pas oublier les féminicides de Ciudad Juarez. Qu’arrive-t-il aux femmes de Ciudad Juarez? donne notamment la parole à la mère d’Ana Maria, enlevée et assassinée alors qu’elle avait 10 ans, et rappelle des chiffres qui font froid dans le dos : parmi les presque 4.000 cas de féminicides perpétrés au Mexique entre 2012 et 2013, seuls 24% ont fait l'objet de d'une enquête, et 16% ont entraîné une condamnation...

Ironie du sort, le même jour, 20 Minutes (28/11/2017) rapportait l’assassinat du procureur qui enquêtait sur des viols et des meurtres commis contre des femmes dans l’État de Veracruz. Yendi Guadalupe Torres Castellanos a été tuée de plusieurs balles lundi, alors qu’elle se trouvait dans son véhicule devant son bureau de la mairie de Pánuco. 20 Minutes rappelle en passant que 20.878 homicides ont été enregistrés au Mexique entre janvier et octobre 2017 et, qu’avec un total de 2.371 meurtres, le mois d’octobre 2017 est devenu le plus violent en deux décennies.

Et, le lendemain, Europe 1 (29/11/2017) racontait l’apparition, mardi dernier, de glacières remplies de restes humains à Guadalajara, en différents points de la ville et, notamment, devant les bureaux locaux de la chaîne de télévision Televisa. Les glacières, nous dit la radio française, étaient accompagnées de lettres de menaces signées des initiales du "Cartel de Jalisco, Nouvelle génération" (CJNG).

Pour rappel, la semaine dernière, Ouest France (24/11/2017) et Zone Bourse (23/11/2017) annonçaient l’arrivée, à l’invitation du gouvernement mexicain, de David Kaye, rapporteur spécial sur la promotion et la protection du droit à la liberté d’opinion et d’expression pour les Nations Unies, et Edison Lanza, son homologue à la commission inter-américaine aux droits de l’homme, pour faire le point sur les raisons de la multiplication des meurtres de journalistes au Mexique et de la « hausse exponentielle de la violence ». La mission devait se dérouler du 27 novembre au 4 décembre. En ce moment donc.

SANTÉ

Après Le Monde il y a deux semaines, c’est au tour de La Croix (27/11/2017) de revenir sur le bilan de la « taxe soda », instaurée en 2014 au Mexique et jugée, par de nombreux spécialistes, insuffisante. Et la journaliste de citer une étude menée par un chercheur de El Colegio de México, qui explique que cette taxe n’a fait qu’entraîner une perte du pouvoir d’achat, notamment pour les ménages les plus défavorisés, qui continuent de consommer massivement des sodas...

UN PEU DE CULTURE TOUT DE MEME!

Tout d’abord, ce sont L’Express et France Info (1/12/2017) qui nous invitent chaudement à découvrir "Los Modernos Dialogues France/Mexique" : une exposition réunissant trois cents oeuvres d'art, peinture, sculptures, photographies illustrant quatre décennies (1910-1950) d'étroites relations et d’influences multiples entre des artistes européens, américains et mexicains, « de gauche » nous précisent ces médias. "Los Modernos. Dialogues France/Mexique" sera présentée jusqu’au 5 mars au musée des Beaux-Arts de Lyon.

Quant à Coco, le dernier film d’animation des studios Dysney/Pixar tout juste sorti en salle dans le monde francophone, il continue, pour la deuxième semaine consécutive, de faire l’unanimité, ou presque, parmi la presse française. Après Le Monde, La Presse, L’Echo républicain, La Tribune de Genève, France Info, Kapitalis de Tunis (25/11/2017)... ce sont RFI (28/11/2017), La Provence, Le Point, Ouest France (29/11/2017), AlloCiné et Paris Match (30/11/2017) qui s’enthousiasment à leur tout pour cette fort jolie –nous dit-on– histoire de vocation, de musique et de filiation, qui se déroule pendant la Fête des Morts au Mexique. L’équipe de Masiosarey n’ayant pas encore été voir ce film, nous lançons un appel aux lecteurs qui, eux, l’auraient vu. Alors... tout ce bruit médiatique est-il mérité ?!

Enfin, Libération (2/12/2017) s’est emballé pour un livre gastronomique, et pas n’importe lequel : Paris-Mexico, Aller-retour gourmand en 50 recettes. Ecrit par Julien et Ale Zattara, les chefs de Bocamexa, un même restaurant mexicain présent dans les 5e, 10e et 11e arrondissements de Paris, ce livre –nous dit Libération– explore « la trop méconnue street-food mexicaine » ; une façon toute parisienne de désigner la « comida de la calle » ! Branchitude mise à part, nous vous conseillons la lecture de cet article, pour vous (re)donner l’envie de décrocher vos tabliers !

Et, pour conclure cette revue de presse hebdomadaire, une belle histoire de courage, de solidarité et de professionnalisme. Jeudi dernier, nous racontent les sites Yalibadi (1/12/2017) et Marocains du monde (2/12/2017), un alpiniste canadien d’origine marocaine a été victime d’une chute de pierres, à 5.200 mètres d’altitude alors qu’il gravissait le pic d’Orizaba. L’homme, grièvement blessé, doit la vie, précisent les médias marocains, à l’intervention du directeur sportif du club alpin mexicain, Salvador Delgadillo Masias, qui lui a prodigué les premiers soins et l’a redescendu (sur une civière puis dans un 4x4), pour qu’il puisse être hospitalisé. Nous souhaitons évidemment un prompt rétablissement à cet alpiniste et saluons ici l’expérience et les compétences du Club alpin mexicain!

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