Semaine du 2 au 8 octobre 2017


La semaine dernière, le journaliste Sergio Ocampo, de passage en France, alertait une fois encore –dans les colonnes de Sud-Ouest, puis dans celles de Courrier International– sur la grande vulnérabilité de la presse mexicaine.

Funeste coïncidence, cette semaine Le Figaro, Europe 1, L’Express-Expansion (6/10/2017) relaient un nouvel assassinat de journaliste mexicain. Le 11ème depuis le début de l’année.

Edgar Daniel Esqueda, photographe mexicain, collaborateur de Vox Populi et Metrópoli San Luis, a été enlevé jeudi soir à son domicile, dans l'Etat de San Luis Potosi, par des hommes en uniforme. Son corps sans vie a été retrouvé vendredi à l’aube.

Samedi, France Info (7/10/2017) donnait la parole à Christophe Deloire, secrétaire général de Reporters sans frontières, qui appelle les gouvernements et les organismes internationaux à exercer une pression accuentuée sur le Mexique, « une pression en matière d'image, en matière d'investissement » insiste-t-il.

Pour illustrer la réalité du travail de journaliste d’investigation aujourd’hui au Mexique, Courrier international (6/10/2017) publie, pour sa part, une petite note sur la série d’articles écris en juin dernier Sergio Ocampo pour le quotidien La Jornada. et consacré à la municipalité fantôme de La Gavia, Guerrero.

SEISME : DEUXIEME ACTE

Cette semaine dans les médias francophones, le séisme du 19 septembre, toujours. Mais cette fois, place à l’infinie subjectivité du regard humain : avec l’époustouflante (et terrible) photo de Jeoffrey Guillemard, mise à l’honneur par le magazine 6 mois (02/10/2017), et la chronique des premières heures qui suivirent la secousse, remarquablement retracées par Sylvain Estibal, directeur du bureau de l'AFP à Mexico... pour comprendre, aussi, le quotidien d’un bureau de l’AFP.

Et puis c'est le retour à l'autre réalité... Mercredi, Europe 1 (4/10/2017) annonçait la fin des recherches de survivants et l'entrée des bulldozers pour amorcer les travaux de déblaiement des décombres. L’occasion de rappeler que 29 personnes ont malgré tout pu être secourues dans les premières heures après les secousses.

L’après-séisme avec ses côtés obscurs également : La Croix (5/10/2017) rapporte l’agression de quatre jeunes catholiques mexicains jeudi dernier, 26 septembre, alors qu’ils apportaient leur aide dans une communauté sinistrée par le séisme, dans l’état de Oaxaca. L’un de ces jeunes a été tué. Les délinquants n’ont pas encore été identifiés.

RFI (5/10/2017) rappelle pour sa part les inquiétudes paradoxalement suscitées par l’effort de reconstruction annoncé par le gouvernement. Cet effort, estimé à près de 2 milliards d’euros par RFI, sera l’objet nous dit-on de toutes les convoitises alors que le pays entre en campagne électorale... En échos, Courrier International (6/10/2017) reprend un article de l’hebdomadaire RioDoce déplorant l’absence de mobilisation et de véritable empathie de la classe politique mexicaine face aux catastrophes touchant la population. La question du vivre-ensemble... ou de son absence.

Face à la corruption, et dans un registre plus militant encore, Paris-Luttes (5/10/2017) reprend un article de l'agence de communication autonome SubVersiones qui raconte les initiatives d’organisations citoyennes autonomes face à l’inaction et les abus des autorités. SubVersiones annonce également la mise en place d’un "fond de reconstruction indigène", autonome lui aussi (les zapatistes et le Congrès National Indigène), visant à contrecarrer l’instrumentalisation des efforts de reconstruction au profit des partis politiques.

HISTOIRES DE GENRES

Changement total de décor et de propos. Le Point et BFMTV (6/10/2017) s’intéressent cette semaine aux muxe (prononcer "mouché", nous précise-t-on) ; un secteur bien particulier de la population de la ville de Yuchitan, Oaxaca, de culture zapotèque. En effet, un muxe est un homosexuel habillé en femme, qui sera souvent en charge de l'initiation de l’adolescent à la sexualité. Ils seraient près de 5.000 muxe à Yuchitan, nous précisent les deux médias francais qui racontent leur quotidien et leurs difficultés.

Dans la même rubrique, mais sur un ton plus malicieux, France Inter (4/10/2017) s’étonne à la lecture du programme du prochain colloque « Marta Lamas en dialogo con XY », organisé par la UNAM ce mercredi 11 octobre. En effet, 10 intervenants prévus et... pas une seule femme ! la parité a encore du chemin à faire dans les études de genre... ou alors une Marta Lamas vaut pour 10 hommes. A chacun de choisir son interprétation.

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