Le Mexique à l’honneur sur ARTE: « La momie aztèque contre le robot humain» pour les inconditionnels


Dans son tour du monde des nanars, la chaîne franco-allemande a réussi à dénicher cette perle du ciné mexicain.

On connaissait « El Santo contre les momies de Guanajuato », réalisé par Federico Curiel en 1970. On ne savait pas en revanche que ce classique était inspiré de la trilogie de la Momie Aztèque : trois films de Rafael Portillo, sortis coup sur coup entre 1957 et 1959, et qui avaient mobilisé des stars du grand écran mexicain de l’époque tels que Ramón Gay et Rosita Arenas. C’est le troisième opus de cette œuvre majeure que nous propose de voir et revoir la chaîne Arte.

Dès les premières minutes, le ton est donné : la véracité scientifique des faits retracés dans le film est confirmée par un notaire (une procédure familière pour les habitués de la politique mexicaine) et, comme il se doit, la cachette secrète de la momie Aztèque se trouve à Teotihuacán : comme chacun sait, haut lieu de la culture Aztèque. Les plus enthousiastes pourront même imaginer que ce film a inspiré Luis Buñuel pour recréer les intérieurs des maisons cossues de la bourgeoisie mexicaine qui apparaîtront dans « L’Ange exterminateur » (1960) : moult tentures, moquettes sombres, meubles imitation rococo et l’incontournable chandelier qui brille de mille feux…

Effectivement, le propos est sérieux : le maléfique Dr. Krupp menace de voler les bijoux de la momie Aztèque ! C’est grâce à sa maîtrise de l’hypnose que le héros, le Dr. Almada, découvre l’histoire de cette momie … et par la même occasion l’origine de l´opéra ; les chants aztèques reproduits dans le film appartenant définitivement à ce genre musical.

L’apparition de l’horrible momie est une scène d’anthologie. Son arrivée est annoncée par des trainements de savate et la solution trouvée pour se protéger est d’éteindre et allumer des lampes torches en pleine figure (ou ce qui en reste) de la momie, qui émet d’ailleurs des grognements réellement perturbants. C’est probablement cette scène qui a valu au film d’être classifié parmi les films de terreur. Lors de la deuxième apparition de la momie, la solution est encore plus radicale : l’exhibition d’un crucifix lui fait presque sortir de la fumée des oreilles !

Le film durant (heureusement) soixante minutes, que se passe-t-il avec le robot, vous demanderez-vous. Dans le but (probable) de faire monter la tension (ou par manque de budget ?), le film s’éternise en échanges verbaux et dans les préparatifs d’une nouvelle expédition risquée pour retrouver le maléfique Dr. Krupp. Et c’est à la minute 51 qu’apparaît finalement le « Robot humain » ! Horreur ô désespoir, une boîte de conserve peut prendre vie en exactement 3 minutes… et c’est quand même long ! Le film s’achèvera avec l’affrontement tant attendu de la momie et du robot, sur fond de gémissements (toujours aussi perturbants) des deux monstres. C’est la momie, finalement pas si méchante que ça, qui gagne.

Récapitulons ce que nous avons appris en regardant ce film :

  • si votre femme disparaît dans la nuit, c’est qu’elle a été probablement hypnotisée par un scientifique fou ;

  • les aztèques ont inventé l’opéra et vivaient à Teotihucán ;

  • on connaissait l’efficacité du crucifix contre les vampires, nous apprenons qu’il fonctionne également contre les momies ;

  • A la fin des années cinquante au Mexique, on appelait la police quand on avait un problème (notamment dans les cas d’attaques de robots humains ou de momies)

  • La science n’a pas de limite au Mexique !

Un chef d’œuvre du genre, disponible jusqu'en juillet 2017 avec sous-titrage français sur le site de Arte.

©masiosarey, 2017

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