1980 : Quand le Japon dominait la production de dessin animé pour la télévision


A l’époque de la première saison des

Mystérieuses cités d’or, la production mondiale de dessin-animés est dominée par le Japon.

Goldorak (1975-1977), Candy (1975-1979), Albator (1978-79)... Ce sont en effet les japonais qui lancent le format des séries (de 50 à 150 épisodes de 25 minutes). Dans les années quatre-vingt, trois grandes entreprises produisent les séries les plus vues au monde: TOEI (premier studio japonais à se lancer dans le dessin animé en 1956), TMS et MK (liée à la chaîne publique nippone). Même les firmes américaines délocalisent au Japon -ou à Hong Kong- la fabrication de leurs séries pour la télévision, alors que Disney se cantonne au film d’animation pour le cinéma.

Pour la France, le constat est dur: la capacité de l’industrie nationale à fournir des programmes est bien en deçà des besoins de chaînes TV en plein développement. Alors que la France réalise en moyenne une série (15 ou 20 épisodes de 26 mn) tous les trois ans, le Japon produit 250 épisodes de 25 mn tous les ans. A côté de la Société Française de Production, quelques autres sociétés privées très artisanales (entre 50 et 120 employés) occupent principalement le segment des capsules animées pour la publicité.

La société DIC est fondée à Tours en 1978 par Jean Chalopin. Celui-ci s'associe avec Bernard Deyriès et, avec une équipe d'une centaine de personnes, commence à produire des séries animées. Rapidement, Jean Chalopin explore les possibilités de co-production avec les japonais. Il rencontre le fondateur de la société d’animation TMS, Yutaka Fujioka, et lui présente un projet qui retiendra son attention. Ce sera Ulysse 31, diffusé en France en 1981 en association avec les chaînes FR3 et RTL (26 épisodes de 26 minutes).

A cette époque, TF1 co-produit la série Arsène et compagnie et FR3 sous-traite au Japon la série d’ Albert Barrillé Il était une fois l’homme. En bref, les investissements français dans l’industrie naissante du dessin animé de télévision restent tres faibles, comme le déplore d'ailleurs à l'époque le chercheur Jacques Mousseau qui entrevoyait un secteur à fort potentiel de développement (Mousseau, 1982).

Mais Jean Chalopin, lui, a vite compris les enjeux de ce marché. Après le succès d’auteur d’Ulysse 31, il continue de rechercher les associations avec les japonais ; c’est ainsi que naissent Les Mystérieuses cités d’or. Au milieu des années quatre-vingt, la société DIC n’est déjà plus seulement française: elle est implantée au Japon (lieu de la réalisation, sous la direction de Tetsuo Katayama,) avec une filiale parisienne (lieu de la création) et une autre à Los Angeles (lieu du financement).

©Masiosarey

Sources

Mousseau J., « Plaidoyer pour une industrie française du dessin animé », Communication et langages, vol. 52, nº1, 1982.

Mousseau J., « La Télévision au Japon », Communication et langages, vol.59, nº1, 1984

Mousseau J., « Le carnet de notes de Jacques Mousseau », Communication et langages, vol.69, nº1, 1984

N’Guyen Ilan, « Une rétrospective sur l’âge d’or du dessin animé au Japon », Ebisu, vol.24,nº1, 2000

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